Carte postale de La Souterraine (février 2010), par Jean-Luc Charlot
Publié le : 15 janvier 2012 à 22h32
Parti dans ce coin-là de France pour « machiner » de possibles solutions d’habitat pour des personnes lourdement handicapées, je me retrouvais à La Souterraine, chef-lieu de canton de la Creuse, petite commune dont je ne connaissais rien, hormis le roman éponyme de Christophe Pradeau, paru chez Verdier en 2005 et dont l’action, de toute façon, ne s’y déroule pas : autant dire que malgré ses qualités, la connaissance de cet ouvrage ne m’était d’aucune utilité pour accroître un tant soit peu les miennes sur ce coin de France, charmant au demeurant. Car, comme le proclame (à juste titre) l’office du tourisme local, La Souterraine est une cité médiévale de caractère, disposant d’un patrimoine culturel et historique remarquable : une église du XIe, la porte Saint-Jean, la lanterne des morts…
Mais il faisait gris en cette fin d’après-midi, la pluie bruinait, froide et lourde et la chambre de l’hôtel de la Porte-Saint-Jean réussissait, en dépit d’un volume habitable très largement supérieur à celui de l’ordinaire d’une chambre d’hôtel classé deux étoiles, à provoquer chez moi des sensations d’étouffement et d’angoisse. Ce qui m’obligeait à quitter la chambre pour retrouver la grisaille pluvieuse du dehors, que ne consolerait pas la sympathie réconfortante et chaleureuse d’un rade, car il fallait bien le constater, La Souterraine semblait peu pourvue en bars et autres cafés… Mais il est préférable de cesser là cette description. Je sais trop combien une humeur (phagocytée par une pluie persistante et une chambre peu amène) peut tromper le regard et estomper l’éventuelle grâce d’un lieu. Je reviendrai d’ici quelques semaines, sans retenue ni réticence, mais plutôt étonné de la façon dont le personnel du Centre de Rééducation, qui se trouve à quelques kilomètres de là, l’emplit d’une douceur qu’on dirait celle qui nous advient lors d’une chute de neige…